Tout au long de ce mois de Septembre en Or, nous vous prĂ©sentons les membres du Conseil dâAdministration de lâassociation.

Depuis lâĂąge de 11 ans, je vis avec un seul poumon Ă cause dâun cancer dont jâai Ă©tĂ© guĂ©rie Ă une Ă©poque oĂč lâon ne connaissait pas encore les effets Ă long terme des traitements. Longtemps, jâai vĂ©cu avec lâidĂ©e que le voyage cauchemardesque quâavait Ă©tĂ© cette maladie sâĂ©tait achevĂ© avec la fin du suivi. On mâavait dit : « On ne veut plus te voir. » et je ne demandais que ça.Quelle dĂ©sillusion lors de la dĂ©tection dâun autre cancer trente annĂ©es plus tard ! Et quel dĂ©sespoir avec le troisiĂšme, rĂ©vĂ©lĂ© par la toute nouvelle consultation de suivi Ă long terme mise en place Ă Gustave Roussy !
Quelques mois aprĂšs ce troisiĂšme cancer, jâassistais Ă la confĂ©rence « 20 ans aprĂšs un cancer dans lâenfance » organisĂ©e par Les Aguerris. DĂ©couvrir une salle pleine a Ă©tĂ© un vĂ©ritable choc ! Mais moi, je nâĂ©tais lĂ que pour rĂ©cupĂ©rer des informations. Je dĂ©couvrais tout juste que lâaprĂšs-cancer pĂ©diatrique Ă©tait, en fin de compte, un voyage au long cours pouvant sâavĂ©rer mouvementĂ©, et je bataillais encore avec lâidĂ©e quâil soit possible quâil me rĂ©serve dâautres mauvaises surprises. Je nâĂ©tais pas encore prĂȘte Ă rencontrer des personnes… Jâai quand mĂȘme commencĂ© Ă suivre de loin lâassociation sur les rĂ©seaux sociaux.
Il a fallu encore un peu de temps avant que je me dĂ©cide Ă participer Ă une rencontre « afterwork ». LĂ , en comitĂ© restreint, dans le cadre rassurant dâun bistrot parisien, jâai Ă©tĂ© accueillie par des personnes dont les histoires faisaient Ă©cho Ă la mienne et nous rapprochaient alors que nous ne nous connaissions pas. Ă cause de nos parcours, sans en dire beaucoup, la comprĂ©hension et lâempathie sont immĂ©diates. GrĂące Ă eux, nous pouvons parler avec lĂ©gĂšretĂ© de choses graves : un passĂ© douloureux, des sĂ©quelles qui compliquent le prĂ©sent au quotidien et font planer de lâinquiĂ©tude sur lâavenir. Et ce qui nous lie, ce nâest pas tant la maladie et les problĂšmes quâelle a pu engendrer, câest une force de vie incroyable malgrĂ© tout ça.
Je me suis lancĂ©e dans lâaventure de lâassociation, sans vraiment savoir Ă quoi je pourrais ĂȘtre utile. Je ne le regrette pas car câest dâune grande richesse.
Enfant, quand on a enlevĂ© ma tumeur, jâavais demandĂ© sâil ne serait pas possible que je la garde en souvenir dans du formol. Bien sĂ»r, le mĂ©decin avait refusĂ© et mâavait expliquĂ© quâelle devait ĂȘtre Ă©tudiĂ©e afin de comprendre la maladie, que ça pourrait aider dâautres enfants. Alors, plus tard, chaque fois que jâai Ă©tĂ© recontactĂ©e pour des programmes de recherche, jâai rĂ©pondu favorablement. Il me semble que ça fait partie du job quand on a Ă©tĂ© guĂ©ri, histoire de faciliter la tĂąche aux suivants et par respect pour tous ceux qui nâont pas eu la chance de sâen sortir.
Aujourdâhui, quâil sâagisse dâinformer, dâaider les chercheurs ou de faire Ă©voluer notre sociĂ©tĂ©, la voix des anciens patients compte pour faire avancer lâenjeu si spĂ©cifique de lâaprĂšs-cancer pĂ©diatrique. Ătre impliquĂ©e au sein des Aguerris me permet dâĂȘtre autre chose quâun chiffre dans la case « seconds cancers » des statistiques des effets Ă long terme. Dâun point de vue plus personnel, cela donne un sens Ă une aberration de la vie : avoir un cancer quand on est un enfant.


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