🎗Sabine🎗

Tout au long de ce mois de Septembre en Or, nous vous prĂ©sentons les membres du Conseil d’Administration de l’association.

Depuis l’ñge de 11 ans, je vis avec un seul poumon Ă  cause d’un cancer dont j’ai Ă©tĂ© guĂ©rie Ă  une Ă©poque oĂč l’on ne connaissait pas encore les effets Ă  long terme des traitements. Longtemps, j’ai vĂ©cu avec l’idĂ©e que le voyage cauchemardesque qu’avait Ă©tĂ© cette maladie s’était achevĂ© avec la fin du suivi. On m’avait dit : « On ne veut plus te voir. » et je ne demandais que ça.Quelle dĂ©sillusion lors de la dĂ©tection d’un autre cancer trente annĂ©es plus tard ! Et quel dĂ©sespoir avec le troisiĂšme, rĂ©vĂ©lĂ© par la toute nouvelle consultation de suivi Ă  long terme mise en place Ă  Gustave Roussy !
Quelques mois aprĂšs ce troisiĂšme cancer, j’assistais Ă  la confĂ©rence « 20 ans aprĂšs un cancer dans l’enfance » organisĂ©e par Les Aguerris. DĂ©couvrir une salle pleine a Ă©tĂ© un vĂ©ritable choc ! Mais moi, je n’étais lĂ  que pour rĂ©cupĂ©rer des informations. Je dĂ©couvrais tout juste que l’aprĂšs-cancer pĂ©diatrique Ă©tait, en fin de compte, un voyage au long cours pouvant s’avĂ©rer mouvementĂ©, et je bataillais encore avec l’idĂ©e qu’il soit possible qu’il me rĂ©serve d’autres mauvaises surprises. Je n’étais pas encore prĂȘte Ă  rencontrer des personnes… J’ai quand mĂȘme commencĂ© Ă  suivre de loin l’association sur les rĂ©seaux sociaux.
Il a fallu encore un peu de temps avant que je me dĂ©cide Ă  participer Ă  une rencontre « afterwork ». LĂ , en comitĂ© restreint, dans le cadre rassurant d’un bistrot parisien, j’ai Ă©tĂ© accueillie par des personnes dont les histoires faisaient Ă©cho Ă  la mienne et nous rapprochaient alors que nous ne nous connaissions pas. À cause de nos parcours, sans en dire beaucoup, la comprĂ©hension et l’empathie sont immĂ©diates. GrĂące Ă  eux, nous pouvons parler avec lĂ©gĂšretĂ© de choses graves : un passĂ© douloureux, des sĂ©quelles qui compliquent le prĂ©sent au quotidien et font planer de l’inquiĂ©tude sur l’avenir. Et ce qui nous lie, ce n’est pas tant la maladie et les problĂšmes qu’elle a pu engendrer, c’est une force de vie incroyable malgrĂ© tout ça.
Je me suis lancĂ©e dans l’aventure de l’association, sans vraiment savoir Ă  quoi je pourrais ĂȘtre utile. Je ne le regrette pas car c’est d’une grande richesse.
Enfant, quand on a enlevĂ© ma tumeur, j’avais demandĂ© s’il ne serait pas possible que je la garde en souvenir dans du formol. Bien sĂ»r, le mĂ©decin avait refusĂ© et m’avait expliquĂ© qu’elle devait ĂȘtre Ă©tudiĂ©e afin de comprendre la maladie, que ça pourrait aider d’autres enfants. Alors, plus tard, chaque fois que j’ai Ă©tĂ© recontactĂ©e pour des programmes de recherche, j’ai rĂ©pondu favorablement. Il me semble que ça fait partie du job quand on a Ă©tĂ© guĂ©ri, histoire de faciliter la tĂąche aux suivants et par respect pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir.
Aujourd’hui, qu’il s’agisse d’informer, d’aider les chercheurs ou de faire Ă©voluer notre sociĂ©tĂ©, la voix des anciens patients compte pour faire avancer l’enjeu si spĂ©cifique de l’aprĂšs-cancer pĂ©diatrique. Être impliquĂ©e au sein des Aguerris me permet d’ĂȘtre autre chose qu’un chiffre dans la case « seconds cancers » des statistiques des effets Ă  long terme. D’un point de vue plus personnel, cela donne un sens Ă  une aberration de la vie : avoir un cancer quand on est un enfant.

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